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En
ce 21 Mai 2001 au matin, un attroupement se forme devant l’église Saint
Ferréol, sur le Vieux Port. Un
passant, curieux, interpelle le groupe :
« Que
se passe-t-il ? Quel événement célèbre-t-on dans cette paisible église, en
cette heure matinale ? - C’est l’anniversaire de la mort de
celui qui fut évêque de Marseille de 1837 à 1861, le 150eme
anniversaire de sa mort ! -
Et on pense encore à lui ? 150 ans après !... - Mais oui ! C’était un passionné
de Jésus - Christ, un ami des pauvres, un grand saint. - Ah !
Bon….Et qu’est-ce qu’il a donc fait ? - De grandes et belles choses…. Il a
fondé une congrégation religieuse : les missionnaires Oblats de Marie
Immaculée, plus de 4000 religieux actuellement dans 67 pays et des milliers de
laïcs qui vivent de son charisme. - Très
bien, mais vous m’avez dit qu’il était évêque de Marseille, alors qu’a-t-il fait dans cette cité ? - Ah ! Il a laissé tellement de
traces dans la ville !...Suivez-nous et vous allez en apprendre sur Eugène
de Mazenod ! »
Le
groupe se met alors en chemin ‘sur les pas de Saint Eugène’ et se dirige tout
d’abord vers l’église des Accoules.
« Pourquoi ce lieu ? -
C’est là que fut fondée la 3ème
maison de la Communauté (après Aix, où tout a démarré et N.D. du Laus). Les
missionnaires l’appelaient leur ‘Sinaï’. C’est là qu’étaient formés les jeunes
futurs Oblats, c’est là que vivaient les Oblats qui exerçaient leur ministère
dans différents quartiers de la ville, c’est là aussi qu’étaient accueillis les
nombreux immigrants italiens, c’est là que furent élaborées certaines parties
de la Règle de la Congrégation et c’est là, encore, qu’ont été créées de
nombreuses œuvres religieuses et associations marseillaises et … - Oh ! là, là ! et celui qui est à l’origine de toutes ces
réalisations s’appelait…. -
Eugène de Mazenod, bien sûr ! Mais ce n’est pas tout !...Vous n’êtes
pas au bout de vos découvertes ! - Ah ! Bon ! Et pourquoi cette
grande croix, là ? -
C’est la croix qui a clôturé la mission de 1820, prêchée par les Oblats et les
Missionnaires de France : un événement inoubliable pour les
Marseillais ! Des milliers de pèlerins ont suivi cette croix qui parcourut
toute la ville et arriva au Vieux Port où St Eugène fit une allocution des plus
animées en provençal. Une foule en liesse accompagna la croix jusqu’ici :
le Calvaire est devenu un lieu de pèlerinage. -
Et vous avez encore d’autres lieux à me
faire connaître ? -
Oh ! Oui … Nous allons traverser le quartier du Panier, venez avec nous. »
Le
groupe se met à gravir les marches qui conduisent à ce quartier populaire,
formé de ruelles étroites parfois coupées de volées d’escaliers. Du temps de St
Eugène, il était peuplé de gens très modestes, qui parlaient le provençal et
l’italien et souvent vivaient de la mer.
« Mais, l’Evêque de Mazenod venait dans ce quartier ? - Bien sûr, et il y passait même
beaucoup de temps. A propos, savez-vous qu’un nouveau santon vient d’être créé
dans un atelier de ce quartier du Panier ? - Ah !
Non. Mais pourquoi parler d’un santon au milieu de notre visite ? - Eh bien ! Cette figurine en terre
cuite représente St Eugène de Mazenod en souvenir des nombreuses visites qu’il
effectuait dans le quartier. - A
cette époque !... Mais que pouvait venir faire un évêque, un noble, dans
un quartier où régnaient la pauvreté et la misère ? - Il y visitait les malades, donnait le
sacrement de confirmation, il y ‘consolait les plus abandonnés de ses
ouailles’. Et puis, il se rendait souvent à ‘l’Hospice de la Charité’, non loin
d’ici. Accompagnez-nous… ».
Les
pèlerins arrivent dans la cour du bâtiment aujourd’hui appelé ‘la Vieille
Charité’.
« Ce
saint évêque venait aussi dans ce lieu qui devait être sordide, à
l’époque ? - Mais oui ! Il y visitait un grand
nombre d’enfants malades, il organisait la célébration de confirmations, il
prêchait en provençal dans l’église toujours pleine. Et lors des grandes
épidémies de choléra, il se mettait au service des malades et organisait l’aide
et les secours. -
Quel homme admirable ! Voilà donc un évêque qui ne passait pas sa vie dans
sa cathédrale ! - De la cathédrale, parlons-en… ».
Le
groupe se dirige vers la cathédrale de la Major qui fait face à la mer.
« Cette cathédrale, c’est Eugène
qui l’a voulue pour remplacer l’ancienne, très dégradée, et pour doter la ville d’un édifice digne. - Mais,
pourquoi une cathédrale construite à cet endroit ? - L’Evêque aurait souhaité une
cathédrale au centre de la ville, mais pour diverses raisons, ce ne fut pas
possible. Finalement, face à la mer, quel beau symbole ! Tant de
missionnaires oblats sont partis du port pour annoncer l’Evangile dans de
lointains pays ! - Mais
Mgr de Mazenod est mort avant l’achèvement de la construction de la
cathédrale ? - Eh oui ! Il a juste vu le
monument sortir de terre…Mais après la consécration de l’église, son corps y
fut transporté, Eugène de Mazenod repose désormais dans SA cathédrale. - Au
fait ! Il habitait où ce saint évêque ? - Retournez-vous…A l’évêché, bien
sûr ! - Mais,
c’est l’hôtel de police, aujourd’hui ! Je comprends maintenant pourquoi on
parle souvent de l’évêché… - Au XIXème siècle, c’était
le palais épiscopal. Un palais en très mauvais état, qu’Eugène de Mazenod
s’efforça de faire restaurer. Mais les travaux tardèrent, l’Evêque vivait non
pas dans de beaux salons aristocratiques mais dans de très simples pièces au
rez-de-chaussée. C’est là qu’il recevait tous les matins et pendant de longues
heures, les Marseillais en grandes difficultés et qu’il se mettait à l’écoute
des malheureux qui venaient chercher auprès de lui, aide et réconfort. - Et
c’est dans cette maison qu’il est mort ? - Précisément, le 21 Mai 1861.
‘Pratiquez bien parmi vous la charité, la charité, la charité et au dehors le
zèle pour le salut des âmes’ fut le testament qu’il a laissé aux Oblats qui
l’entouraient quelques jours avant sa mort. -
Je commence à comprendre pourquoi vous fêtez cet évêque aujourd’hui. Et de son
temps, il ne devait laisser personne
indifférent ! - En effet, ses colères mémorables et
son grand cœur ont laissé bien des souvenirs…mais c’est le souci des plus
pauvres et l’annonce de Jésus - Christ qui occupaient ses journées. »
Le
groupe s’achemine vers la mairie, puis le Vieux Port. Le
passant, devenu ‘pèlerin’ poursuit ses découvertes.
«
Vous n’allez pas me dire qu’Eugène de Mazenod a aussi joué un rôle
politique ? - Eh bien ! Oui ! Il a même
été sénateur sous le Second Empire ! Il a souvent dû ‘batailler ferme’
avec toutes les autorités de l’Etat de l’époque, des plus hautes aux plus
locales. -
Et parfois, il venait sur le port ? - Oui, fréquemment. Il aimait écouter,
rencontrer les ouvriers, les poissonnières, il se sentait très proche des
travailleurs. -
Nous voilà de retour sur le Vieux Port, notre point de départ ! Vous
m’avez beaucoup appris, maintenant je sais à peu près tout de votre cher évêque… - Ne le croyez pas…Si vous avez encore
un peu de temps, venez déjeuner avec nous chez les Sœurs de Marie Immaculée au
pied de N.D. de la Garde. -
Des Sœurs qui portent le même nom que les Missionnaires Oblats ? - Oui, Eugène de Mazenod encourageait
les œuvres de charité et d’éducation, il fonda à Marseille des quantités
d’associations, de cercles religieux, d’œuvres qui s’occupaient des plus
humbles, des enfants, des jeunes, des malades, des ouvriers, des handicapés,
des personnes délaissées….Il disait : ‘La charité embrasse tout et pour
les besoins nouveaux, elle invente, quand il le faut, des moyens
nouveaux’. »
Après
un repas sympathique dans les locaux des religieuses de Marie Immaculée, le
groupe de pèlerins devenu plus imposant, gravit avec courage, sous un soleil de
plomb, les marches qui conduisent à la Basilique N.D. de la Garde.
« Vous
allez me dire que la ‘Bonne Mère’, nous la devons aussi à St Eugène ! - Evidemment ! Cette église fut un
des grands soucis de l’évêque de Mazenod. Il écrivit : ‘On élèvera un monument
d’une architecture religieuse également en rapport avec la piété marseillaise’.
C’est grâce à ses appuis politiques qu’il obtint l’autorisation de reconstruire
un nouveau sanctuaire, il eut la joie de poser la première pierre de la future
basilique. -
Je n’en reviens pas ! Les Marseillais lui doivent vraiment beaucoup à cet
évêque ! - Et vous ne savez sans doute pas qu’il
a également fait construire et agrandir une bonne quarantaine d’églises dans la
ville et que son zèle l’a conduit à réorganiser, à redonner vie à de nombreuses
paroisses. Maintenant, notre journée ‘sur les pas
de St Eugène’ va s’achever dans l’action de grâce, nous retournons à la
cathédrale, vous nous accompagnez ?... -
Certainement, après ce parcours avec vous et toutes ces découvertes, je
viens ! »
Et
le nouvel ‘ami’ de St Eugène emboîte le pas des ‘anciens’. Le
soleil illumine la cité, les fidèles se pressent pour la messe à la Major.
Monseigneur Pontier, évêque de Marseille, préside la cérémonie, entouré des
cardinaux Etchegaray et Panafieu, du Supérieur Général des Oblats et de
nombreux prêtres de différents diocèses, en particulier d’Aix et de Marseille.
C’est dans la ferveur et la joie que l’assistance partage l’Eucharistie en
union avec tous les missionnaires Oblats, leurs amis dans le monde et l’Eglise
universelle. C’est St Eugène qui a réuni les participants à cette belle
journée, lui dont le cœur était ‘ grand comme le monde’.
Saint Eugène, dans
cette cathédrale où tu reposes, tes amis te disent combien tu bouleverses leur
cœur. Donne-leur ta force débordante de charité, donne-leur ton audace pour ‘entrer
dans une relation vivante avec Jésus-Christ’. |